source : mélanine.org
La classe ouvrière britannique n’est pas plus raciste que l’homme en costume qui parle dans ton poste de télévision
jeudi 5 février 2009, par nico
Un minimum d’investigation permet d’établir que le mouvement de grève sauvage entamé à la
raffinerie de Lindsey en Grande-Bretagne a des revendications légitimes. Par réflexe de classe, et plutôt que de s’attaquer aux vrais problèmes, les médias et politiques n’ont de cesse d’accuser
les grévistes de racisme.
Déconstruction du mythe et rétablissement de quelques vérités.
Ca n’étonnera personne, mais il convient de le signaler dans l’affaire qui concerne les grèves sauvages organisées dans les raffineries Total en Grande-Bretagne : les médias mentent. Il convient de le signaler car la propagande est telle que beaucoup se méprennent sur la teneur et les objectifs de la grève.
On nous dit que les ouvriers font grève contre l’emploi de main d’oeuvre étrangère, à savoir des italiens et des portugais, employés par la société de sous-traitance IREM. Comprenez : l’ouvrier anglais ne veut pas qu’un italien lui pique son boulot. Comprenez : l’ouvrier de base est raciste. Le cliché manque d’originalité, mais les journalistes le ressortent avec un naturel impressionant. C’est que ce mythe est bien ancré dans la tête des classes moyennes et dirigeantes. Il a été construit au cours de nombreuses années d’éducation, passées dans les plus prestigieuses institutions du pays. Sauf que, si on procède à un minimum d’investigation, on se rend compte que cette grève n’est pas contre l’emploi de main-d’oeuvre étrangère, mais pour un accès équitable aux emplois pour tous et contre le licenciement massif d’une partie de la main d’oeuvre déja employée localement. Dans les faits, celle-ci sera en effet remplacée par les travailleurs de la société IREM, qui seront évidemment payés au rabais, même si la compagnie refuse de l’admettre (ou de rendre public les termes de l’accord).
Pourquoi alors les journalistes ne qualifient-ils pas cette grève de “grève contre des licenciements abusifs” ou de “grève pour le respect des droits minimums” ? Pourquoi préfèrent-ils jouer la carte du racisme, jouer la carte des ouvriers qui s’en prennent à d’autres ouvriers ? Pourquoi accusent-ils à la première occasion les grévistes de connivences avec le British National Party (principal parti d’extrême droite anglais) alors même que les membres de ce parti qui ont tenté d’intervenir sur le terrain se sont faits évacuer sur demande des grévistes ?
On peut trouver une démonstration frappante du type de procédé utilisé par la BBC pour faire
passer son message sur cette vidéo. On voit clairement qu’une citation d’un gréviste est tronquée dans un premier reportage (BBC1)
de façon à impliquer qu’il ne veut pas travailler au côté d’étrangers. Voici le commentaire en voix off, ainsi que la citation (tronquée) :
Voix Off : “Derrière la peur, craignent les ministres, se trouve de la xénophobie pure et simple”
Gréviste : “Les portugais et les ritals, on peut pas travailler à côté d’eux”
Dans le deuxième reportage (BBC2), le gréviste est cette fois cité en entier :
“Les portugais et les ritals, on peut pas travailler à côté d’eux - on est complètement séparés d’eux. Ils viennent avec leurs propres compagnies”.
La citation se comprend donc tout à fait différemment, et le fait de l’avoir coupé ne peut qu’être imputé à la
volonté de la BBC de faire passer ce gréviste, et avec lui tout le mouvement de grève, comme raciste. Comme l’explique un commentaire laissé sur le forum d’un site tout à fait informatif que les travailleurs et grévistes utilisent pour communiquer
entre eux, ce que le gréviste expliquait c’est bien que :
“on ne peut pas travailler avec les italiens et les portugais parce qu’ils sont complètement séparés de nous, puisqu’ils n’utilisent pas les mêmes locaux, c’est-à-dire cabines, cantine, etc... Le
fait qu’ils soient tenus à l’écart de la communauté locale sur cette péniche et transportés directement sur le site ne fait que renforcer cette division”
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