Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 01:50


source : daily bourse.fr

 

voir aussi :

Crise financière : risques systémiques (Part 2)

Crise financière : risques systémiques (Part 3)



La 1ère partie de cette série passe en revue les différentes étapes  qui se sont déroulées depuis le départ de cette crise majeure. Elles sont reprises dans cet article.

 

 

 

L' Origine

 

 

L’ explosion de la bulle Immo , en 2005-2006, peut-être considérée comme le point de démarrage de la crise du secteur financier.  La déresponsabilisation du secteur des prêts hypothécaires, grace à la titrisation de la dette ,  a  généré la mise en place d’ un système de prêts octroyés sans aucune garantie, auprés d’ une frange d’ investisseurs manifestement incapables d’ honorer les remboursements à venir. Cette gamme de prêts , surnommés NINJA  (No Income,  No Job or Asset)  a servi de détonateur à l’ explosion de la bulle.

 

Celle ci, désormais bien dégonflée, subit la même loi que toutes les bulles de par le monde. Pour autant ses conséquences continueront à se faire sentir durant de nombreuses années.   

 http://www.investech.com/

 

 

 

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1ère phase : les Subprime 

 

 

 


L’ ensemble des prêts Immo sont titrisés , compartimentés, découpés en tranches et vendus auprés des  investisseurs institutionnels, sous le nom barbare d’ ABS.

Naturellement, l’ incapacité de paiement des emprunteurs n’ a pas tardé a augmenter le nombre de saisies immo et à générer des pertes de valorisation des ABS, variables en fonction de  leurs qualités.

L’ augmentation brutale du nombre de faillites  finit par jeter un voile de suspicion sur  le modèle de valorisation de ce type d’ obligations. Peu à peu le marché prit conscience de la légéreté du modèle mathématique en place, et la chute s’ accéléra. Le graphique ci dessous illustre bien le processus.

 

 

 

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A partir de février 07, le secteur financier commença son reflux, dans l’ indifférence générale, voire même une certaine euphorie boursière. Les graines de la méfiance étaient malgré tout semées. Il fallut attendre l’ été 07 pour que la crise des Subprime éclate au grand jour et provoque un début de panique boursière.

 

 

 

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L intervention massive des banques centrales , au cours de l' été, permit de calmer le jeu. Mais le mal était fait. La crise des subprime a mis en lumière la fragilité d’ un système financier presque exclusivement basé sur un effet multiplicateur, via le principe de la réserve fractionnelle , elle même pratiquement réduite à sa plus simple expression, doublée d’ un effet de levier considérable à travers l’ utilisation massive de dérivés

 

Ce graphique issu de Pimco illustre bien l’ importante réduction de la réserve fractionnelle des banques en une vingtaine d’ années.  

 

 

http://www.pimco.com/LeftNav/Featured+Market+Commentary/IO/2008/IO+January+2008.htm

 

 

 

 

 

 

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L’ effet de levier sur dérivés a multiplié le montant des pertes à provisionner pour les organismes financiers , dont le capital n ‘est  toujours pas en adéquation avec les risques pris sur les marchés. Pour éviter le dépôt de bilan, les banques les plus exposées sont à la recherche de capitaux frais auprés d’ investisseurs disposant de fortes liquidités. Les pays émergents s’ invitent au conseil d’ administration des grandes banques US, contraintes et forcées d’ accepter ces derniers au prix fort.

 

Mais faut-il pour autant croire que la crise est réglée….. ?

Absolument pas. Le consommateur US, à l’ origine de la crise, est de plus en plus étranglé par les révisions haussières de ses prêts hypothécaires,  la hausse du cout de la vie et l' entrée en récession qui apparait bien souvent suite àl' éclatement d' une bulle immobilière ( En la matière, le Japon est un cas d' école).

 

 

 

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Dans un ultime réflexe de survie, les ménages américains augmentent le recours à la carte de crédit, pour tenter d’ honorer leurs  engagements.    Et c ‘est bien de ce coté que réside la prochaine crise potentielle  que devra affronter le secteur financier. L’ explosion de la bulle du crédit, qui fera l' objet de la deuxieme partie  de cette série…….

 

Crise financière : risques systémiques (Part 2) 

Par didier - Publié dans : economie
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Vendredi 27 février 2009 5 27 /02 /Fév /2009 00:12


source : le monde


La crise économique et financière va-t-elle dégénérer en violentes explosions sociales ? En Europe, aux Etats-Unis ou au Japon, la guerre civile est-elle pour demain ? C'est le pronostic quelque peu affolant que dressent les experts du LEAP/Europe 2020, un groupe de réflexion européen, dans leur dernier bulletin daté de mi-février.



Dans cette édition où il est question que la crise entre, au quatrième trimestre 2009, dans une phase de "dislocation géopolitique mondiale", les experts prévoient un "sauve-qui-peut généralisé" dans les pays frappés par la crise. Cette débandade se conclurait ensuite par des logiques d'affrontements, autrement dit, par des semi-guerres civiles. "Si votre pays ou région est une zone où circulent massivement des armes à feu (parmi les grands pays, seuls les Etats-Unis sont dans ce cas), indique le LEAP, alors le meilleur moyen de faire face à la dislocation est de quitter votre région, si cela est possible."

Selon cette association, formée de contributeurs indépendants issus des milieux politiques et économiques et de professionnels européens de différents secteurs, les zones les plus dangereuses sont celles où le système de protection sociale est le plus faible.

La crise serait ainsi à même de susciter de violentes révoltes populaires dont l'intensité serait aggravée par une libre circulation des armes à feu. L'Amérique latine, mais aussi les Etats-Unis sont les zones les plus à risques. "Il y a 200 millions d'armes à feu en circulation aux Etats-Unis, et la violence sociale s'est déjà manifestée via les gangs", rappelle Franck Biancheri, à la tête de l'association. Les experts du LEAP décèlent d'ailleurs déjà des fuites de populations des Etats-Unis vers l'Europe, "où la dangerosité physique directe restera marginale", selon eux.

 

FAIRE DES RÉSERVES

 

Au-delà de ces conflits armés, le LEAP alerte sur les risques de pénuries possibles d'énergie, de nourriture, d'eau, dans les régions dépendantes de l'extérieur pour leur approvisionnement et conseille de faire des réserves. Cette perspective apocalyptique pourrait faire sourire si ce groupe de réflexion n'avait, dès février 2006, prédit avec une exactitude troublante le déclenchement et l'enchaînement de la crise. Il y a trois ans, l'association décrivait ainsi la venue d'une "crise systémique mondiale", initiée par une infection financière globale liée au surendettement américain, suivie de l'effondrement boursier, en particulier en Asie et aux Etats-Unis (de - 50 % à - 20 % en un an), puis de l'éclatement de l'ensemble des bulles immobilières mondiales au Royaume-Uni, en Espagne, en France et dans les pays émergents. Tout cela provoquant une récession en Europe et une "très Grande Dépression" aux Etats-Unis.

Doit-on en conclure que la crise mondiale peut se transformer en guerre mondiale ? "Les pronostics de LEAP sont extrêmes, mais la violence sociale pointe", admet Laurence Boone, économiste chez Barclays.

Reste un espoir, une "dernière chance" selon le LEAP, qui résiderait dans la capacité du G20, qui se réunira le 2 avril à Londres, à arrêter un plan d'action "convaincant et audacieux". Dans ce cas, le monde ne serait toutefois pas tiré d'affaire, puisque les experts ne manquent de rappeler que se profile aussi une sévère crise climatique...


Claire Gatinois
Par didier
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Jeudi 26 février 2009 4 26 /02 /Fév /2009 23:44



source : ici


Ce texte est la traduction intégrale d’un article paru dans le Washington Post, avec l’autorisation de son auteur.


ST. GILES-ON-THE-HEATH, Angleterre. Au cœur d’une forêt dense et profonde se trouve une clairière si charmante et exubérante qu’on dirait le refuge d’un hobbit. Une statue couverte de lichen se dresse dans un jardin d’herbes, tandis qu’une légère bruine tombe, goutte à goutte, des ardoises du toit. Aux confins de l’enclos, un rat musqué grassouillet se dirige en se dandinant vers le sous-bois.

« Bonjour ! »

L’homme, un gentleman élancé aux cheveux blancs, habillé d’un pull de laine bleue et d’un pantalon de toile, m’invite à entrer dans sa maison blanchie à la chaux. Nous nous asseyons à côté de la cheminée de pierre, tandis que sa femme, Sandy, une élégante blonde, nous sert des scones et du thé. James Lovelock dirige son attention vers ce qui est en train de se passer.

« Cela va trop vite », dit-il. Nous allons griller.

Pourquoi donc ?

« Notre fourneau global est déréglé, hors tout contrôle. En 2020-2025, on pourra voguer en voilier jusqu’au Pôle Nord. L’Amazonie sera devenu un désert, les forêts de Sibérie brûleront et dégageront encore plus de méthane, et les épidémies réapparaîtront ».

Lovelock n’a pas une imagination sulfureuse et n’est pas un adepte du style apocalyptique. À 88 ans, il reste l’un des scientifiques les plus novateurs de la planète, un Britannique plein d’humour et d’érudition, doté par surcroît d’un goût raffiné pour la controverse délicieuse. Il y a déjà quarante ans qu’il a découvert que les produits chimiques attaquant l’ozone se concentraient dans l’atmosphère, entraînant le monde sur un chemin irréversible. Peu après, il avait proposé Gaïa, une théorie selon laquelle la Terre fonctionne à l’instar d’un organisme vivant, un système auto-régulateur équilibré destiné à permettre à la vie de se développer.

Les biologistes avaient rejeté cette thèse qu’ils jugeaient alors hérétique et contraire à la théorie de l’évolution de Darwin. On peut affirmer aujourd’hui que Gaïa a transformé la façon dont la science comprend la Terre.

Lovelock s’intéresse maintenant au réchauffement global. Son nouvel ouvrage, La vengeance de Gaïa : la crise climatique de la Terre et le destin de l’humanité1, s’est très bien vendu au Royaume Uni dès sa sortie, et vient de paraître aux USA. La conclusion de Lovelock est claire.

Nous sommes cuits.

Il a mesuré les gaz de l’atmosphère et la température des océans, il a étudié les forêts tropicales et arborées (l’année dernière, une forêt de la superficie de l’Italie a brûlé en Sibérie, région dont la température augmente particulièrement rapidement, en dégageant du permafrost une grande quantité de méthane, ce qui contribue d’autant plus au réchauffement global). Il en conclut que Gaïa se trouve prise dans un cercle vicieux de boucles de rétroaction positives : de l’air à l’eau, tout se réchauffe simultanément. La biosphère a pour particularité que, sous la pression de l’industrialisation, elle résiste à ce réchauffement, puis résiste encore plus.

Puis elle s’adapte.

Dans dix ou vingt ans, selon Lovelock, le thermostat de Gaïa aura grimpé d’au moins 10°F (5,5°C). La Terre sera plus chaude qu’à toute période depuis l’Éocène, il y a 55 milliards d’années, quand les crocodiles nageaient dans l’océan arctique.

« On ne se rend pas compte à quel point la planète change rapidement et que c’est irréversible », dit Lovelock. « Quelque 200 millions de personnes migreront vers les zones arctiques pour survivre. Même si nous prenions des mesures extraordinaires, il faudra à la Terre 1000 ans pour s’en remettre ».

Un tel discours soulève l’ironie dans certains cercles, et notamment dans celui des scientifiques américains, dernier bastion des sceptiques du réchauffement global. Lovelock n’y va pas par quatre chemins, et une partie de ses collègues n’apprécie pas sa façon aussi élégante que directe de s’exprimer. Ses sombres prédictions sont en général présentées par les médias avec celles des sceptiques, considérées comme trop radicales les unes comme les autres et éloignées du juste milieu.

La vision radicale de Lovelock ne s’accorde pas avec celle de David Archer, chercheur à l’Université de Chicago et contributeur régulier du site RealClimate, qui admet la réalité du réchauffement global.

« Personne, même pas Lovelock, n’a proposé un scénario quantitatif spécifique d’une catastrophe climatique qui signifierait la fin de l’homme », écrit Archer.

Dans son article, il n’hésite pas à qualifier Lovelock de « renégat des sciences de la Terre », tout en respectant sa qualité de scientifique. C’est une description plutôt curieuse.

Lovelock travaille indépendamment sur plusieurs projets de biochimie. Son laboratoire est situé dans une vieille étable derrière sa ferme du Devon. Il s’oppose souvent à l’establishment scientifique, qu’il considère handicapé par son orthodoxie de clan. (Il n’hésite pas à critiquer les verts – Lovelock défend passionnément l’utilisation de l’énergie nucléaire comme remplacement du charbon pour réduire le réchauffement global). Mais il serait difficile de traiter de renégat de la science un homme qui compte 50 brevets à son actif, et qui est membre de la Royal Society (la société savante britannique).

Ce qui est finalement tout aussi étonnant c’est le nombre des scientifiques de la plus haute renommée qui se refusent à rejeter les avertissements de Lovelock. Ainsi, Sir David King, conseiller pour la science du premier ministre britannique Tony Blair, a salué la publication de cet ouvrage de Lovelock, en déclarant que le réchauffement global était une menace autrement plus grave que le terrorisme. Sir Brian Heap, biologique à l’Université de Cambridge et ex secrétaire des affaires internationales de la Royal Society, confirme la solidité de l’argumentation de Lovelock (même si elle est trop sombre).

Quant à Paul Ehrlich, le célèbre biologiste de l’Université Stanford, il avait publié, il y a quelque trente ans, La bombe p, 7 milliards d’hommes en l’an 2000, ouvrage dans lequel il se lamentait de l’accroissement trop rapide de la population mondiale.

Les désastres ne se sont pas passés exactement comme il l’avait prédit, et on l’avait traité alors de faux prophète de malheur. Mais il se peut qu’Ehrlich ait été en avance sur son temps.

Actuellement, Ehrlich considère le réchauffement global et la croissance de la population comme une menace combinée sur les ressources naturelles de pétrole et de gaz. « Techniquement parlant, la plupart des scientifiques sont des [injure] apeurés », dit Ehrlich. « Lovelock et moi sommes les prophètes du malheur, parce que nous le voyons arriver. »

« Tels les Nornes dans L’Anneau du Niebelung de Wagner, nous sommes au bout du rouleau, et la corde qui dévide notre sort est sur le point de craquer. »

On peut lire des phrases de ce genre dans La vengeance de Gaïa et l’on demande alors à ce prophète de malheur : pourquoi tant de noirceur ? Lovelock sourit. Non, on ne le comprend pas. Il a fondé une famille au cœur des ténèbres du blitz à Londres, il a neuf petits-enfants qu’il aime et un pays dont il est fier.

« Je suis un optimiste », dit-il. « Je pense que lorsque le réchauffement se sera installés, les survivants, établis dans la zone arctique, trouveront une façon de s’adapter. Ce sera une vie difficile pleine d’excitation et de peur ».

Ce n’est pas très encourageant.

Lovelock et Sandy, qu’il a épousée après le décès de sa première femme, se promènent l’après-midi dans le Devonshire, tandis qu’il cite du Shakespeare, sur la joie qu’il éprouve à la découverte d’une primevère au bord d’une source2. Lovelock ne se dit pas athée, les mystères de l’univers n’ont de cesse de l’enchanter. Mais c’est avant tout un biochimiste, un scientifique rigoureux qui ne veut pas ignorer la réalité, aussi dure soit elle.

Lovelock a grandi dans le Londres des ouvriers. Il ne pouvait se permettre d’étudier à Oxford ou à Cambridge, et l’a donc fait de nuit : durant la Deuxième guerre mondiale, il patrouillait sur les toits du laboratoire en compagnie de professeurs. Ils épiaient les lumières clignotantes des fusées V-1 allemandes se rapprochant de l’Angleterre.

« Il arrivait qu’un missile change de cours et explose, et les professeurs étaient alors saisis par l’urgence de dispenser leur savoir, » dit-il en souriant. « C’était une sorte de cours universitaire de haut niveau. C’est terrible, mais la guerre nous rend plus vivants. »

Lovelock était un étudiant prodige, et a décroché des diplômes en chimie et en médecine. Dans les années 50, il conçoit une machine à détecter les électrons, qui fournit à Rachel Carson les données nécessaires à la démonstration de sa théorie que les pesticides infestent tout, depuis les pingouins jusqu’au lait maternel. Ultérieurement, il s’embarque vers l’Antartique avec un détecteur et prouve que les produits chimiques humains – les CFC – percent un trou dans la couche d’ozone.

« Gaïa, pffffff ! », s’exclame Ehrlich, ce biologiste de Stanford qui critique la théorie de Lovelock. « Si Lovelock n’avait découvert l’érosion de l’ozone, nous serions en train de vivre dans l’océan un masque au nez et avec des palmes pour échapper à ce maudit soleil ».

En 1961, Lovelock coopère avec la Nasa, qui souhaitait concevoir un module pour partir à la recherche de traces de vie à la surface de la planète Mars. Selon Lovelock, c’était une idée farfelue : que se passerait-il si ce module atterrissait au mauvais endroit ? et si la vie sur Mars n’était pas bactérienne ?

Lovelock fit un saut conceptuel. S’il y avait de la vie sur Mars, les bactéries devraient utiliser de l’oxygène pour respirer, et dégageraient des déchets sous forme de méthane. Lovelock découvrit alors que l’atmosphère de la Terre contenait des quantités importantes d’oxygène et de méthane, gaz indicatifs typiques de la présence de vie. Celle de Mars, en revanche, est saturée de dioxyde de carbone, signe d’une planète morte.

Cette découverte changea le cours de sa vie. Il commença à concevoir la Terre comme une biosphère auto-régulatrice. Le soleil l’ayant réchauffé de 25% depuis l’apparition de la vie, la Terre produisit en conséquence plus d’algues et de forêts pour absorber le dioxyde de carbone, ce qui permit de maintenir une température plus ou moins constante. En 1969, il ne lui manquait plus qu’un nom pour sa théorie.

Lors d’une rencontre avec l’écrivain William Golding, celui-ci lui dit qu’un concept important avec besoin d’un nom important, et lui suggéra de l’appeler Gaïa.

Gaïa fut controversée, et non pas uniquement parce que son nom faisait trembler d’émotion les prêtresses new age (« Gaïa n’est pas “vivante” et je crains de ne pas être le parfait gourou », remarque Lovelock ironiquement). Les biologistes manquèrent de s’étouffer – ils affirmèrent que des organismes ne peuvent agir de concert, ce qui supposerait qu’ils aient la faculté de prévoir.

Lovelock se souvient d’avoir été attaqué lors d’une conférence à Berlin.

Cette intolérance lui fut pénible. Lovelock affirmait que la biomasse mondiale pouvait agir sans pour autant être « consciente ». « Les néodarwinistes ressemblent aux fondamentalistes religieux », dit-il. « Ils passent leur temps à défendre des doctrines stupides ».

Quarante ans plus tard, le discours sur la planète en tant que système interconnecté est monnaie courante des sciences de la Terre. La Reine a décerné un prix à Lovelock, Oxford l’a invité à venir y enseigner, et son petit laboratoire perdu dans la forêt a récolté plus de contrats gouvernementaux qu’il ne peut traiter. (L’octogénaire n’y suit que le strict minimum de mesures de sécurité nécessaires à sa survie : « Je ne peux y tuer que moi, c’est une merveilleuse liberté », dit-il).

Mais ses amis disent de lui qu’il est impatient.

« Peut-être que Jim pense que tout le monde considère sa théorie avec complaisance », pense Lee Kump, un éminent géologue à l’Université Penn State. « Il considère que Gaïa nous traite comme un corps qui réagit à une infection – il essaie de nous brûler ».

« La fonte des glaces au Groenland s’accélère, selon des mesures prises par des satellites ». (BBC, 2006)

« L’une des plus célèbres écologistes du monde, Dr Deborah Clark de l’Université du Missouri, affirme que les recherches démontrent que l’écosystème en Amazonie est en train d’exploser hors de tout contrôle. Elle ajouter que l’évolution de Amazonie est dramatique. » (CNN, 2006)

Comment la Terre, notre splendide vaisseau spatial, est devenue si rapidement un four qui nous détruit ? Lovelock s’explique.

Cela commence par la fonte des glaces et des neiges. Avec la désertification de la zone arctique – la couverture glaciaire du Groenland diminuant bien plus rapidement que prévu – un sol de couleur sombre se dégage et absorbe de la chaleur. Ceci a pour conséquence de faire fondre encore plus de neige et de ramollir les tourbières, qui dégagent alors du méthane. Avec le réchauffement des océans, les algues meurent et absorbent en conséquence moins de dioxide de carbone, cause du réchauffement.

Au sud, la sécheresse tue les grandes forêts tropicales de l’Amazonie. « Les forêts disparaîtront comme la neige », ajoute Lovelock.

Même les forêts nordiques, ces merveilles de pins et de sapins austères, souffrent. Elles absorbent la chaleur et protègent ours, lynx et loups durant les rudes hivers. Mais de récentes études ont montré que les forêts boréales sont entrain de se dessécher et de dépérir, ce qui accroît le réchauffement.

À l’horizon de 30 ou 40 ans, Lovelock prévoit que les zones subsahariennes seront invivables. L’Inde commence à manquer d’eau, le Bengladesh est noyé, la Chine jette son dévolu sur la Sibérie, et les seigneurs de guerre régionaux se battent à mort pour les ressources d’eau et d’énergie.

Lovelock remarque notre expression et s’arrête.

« C’est la raison pour laquelle mon livre est si sombre », dit-il.« Encore un peu de thé ? »

Notre esprit foisonne d’objections. Finalement, ce ne sont que des hypothèses. Le Jour d’après, Sur la plage, Helen Caldicott, Nostradamus, tant de prédictions de fin du monde ont émaillé l’histoire humaine. Nous sommes intelligents. N’enverrons-nous pas un parasol dans l’espace pour détourner les rayons solaires (comme l’ont proposé un couple de professions californiens) ?

Lovelock soupire avec lassitude.

« Nous pensons que l’ouragan Katrina ou la canicule européenne étaient des événements exceptionnels », dit-il. « Ou nous sommes persuadés que nous trouverons une solution technologique ».

Lovelock nous rappelle que les prophètes Mayas, pour citer d’autres annonceurs de malheur, ne s’y étaient pas trompés. Leur grande civilisation s’est éteinte suite à une apocalypse écologique. Et ce n’est pas une vision romantique. Les recherches actuelles suggèrent que les indigènes de par le monde, des Indiens d’Amérique aux Aborigènes d’Australie et aux chasseurs européens, ont joué un rôle clé dans le brûlement des forêts et l’extinction de milliers d’espèces animales. De nos jours, ceux qui possèdent une conscience écologique cherchent le salut dans les cellules solaires, le recyclage et des dizaines de milliers d’éoliennes. « Ça ne changera rien à rien », dit Lovelock. « Ils se trompent en pensant que nous avons quelques dizaines d’années devant nous. Ce n’est pas le cas ».

Lovelock est favorable aux OGM qui consomment moins d’eau, et à l’énergie nucléaire. Il n’y a que l’atome qui soit capable de fournir suffisamment d’électricité pour convaincre les pays industrialisés d’abandonner l’utilisation des énergies fossiles. La France tire 70% de ses besoins énergétiques des réacteurs nucléaires.

Mais qu’en est-il de Three Mile Island, de Tchernobyl ? Lovelock réagit avant que l’on ait le temps de poursuivre la liste. « Combien de personnes sont mortes ? » demande-t-il. Quelques centaines ? La zone d’exclusion autour de Tchernobyl pour cause de radiation possède une flore et une flore d’une diversité exceptionnelle, la plus élevée en Eurasie.

Sir Brian Heap est d’accord avec ces thèses. Mais il s’inquiète du prix terrifiant que l’Asie du sud et l’Afrique auront à payer pour les conséquences terribles des abus de l’occident. Quelle responsabilité avons-nous à leur égard ? « Les pauvres ne sont pas notre problème », dit-il. « Ce sont nous qui sommes leur problème ».

Lovelock reconnaît ce paradoxe moral. Mais il ne voit pas de solution qui transcendera les différences régionales ou nationales. Les vagues de chaleur qui tueront des millions de gens, les tornades dévastatrices, la sècheresse qui étouffera les villes causeront une recrudescence des nationalismes.

Après ce long moment passé en sa compagnie, on a du mal à comprendre sa bonne humeur. Sa machine intérieure semble en état de marche presque parfait : il se lève à 5h30, lit, écrit et parcourt la campagne. Dans son excessive politesse, il paraît à peine ennuyé à la suggestion que ses prédictions seraient quelque peu frivoles.

« Les gens me disent : “Vous avez 87 ans, vous ne le verrez pas arriver” », dit-il. « J’ai des enfants, j’ai des petits-enfants, je ne souhaite rien de tout cela. Mais c’est notre destin ; nous devons reconnaître le fait que c’est une nouvelle guerre. Nous avons un besoin désespéré de trouver le Moïse qui nous mènera vers les zones arctiques et préservera la civilisation. »

« Il est trop tard pour reculer ».

© 2006 The Washington Post Company

Notes (du traducteur) :
1À ma connaissance, non encore publié en français.
2 « I know a bank where the wild thyme blows, / Where oxlip and the nodding violet grows. » (« Je sais un banc où s’épanouit le thym sauvage, où poussent l’oreille-d’ours et la violette branlante », dit Obéron à Puck, dans Le Songe d’une nuit d’été, trad. de F. V. Hugo).

Par didier
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /Fév /2009 09:32

Liberté d’expression !


Aux alentours du 20 novembre, deux élèves du collège de Lauzerte dans le

Tarn-et-Garonne, franchissent la porte de l’espaceCo (local autogéré

ouvert à tous). Ils souhaitent pouvoir imprimer un tract. Après quelques

explications, ils nous montrent le texte qu’ils ont rédigé. Il y est dit

que l’école est une prison, les droits des personnes/élèves y sont niés.

Ils ne supportent plus cet état de fait et ils revendiquent plus

d’autonomie, de liberté.


Et pour commencer, ils souhaitent pouvoir gérer eux-mêmes leurs temps

libres (espaces entre deux cours). Le tract se termine en proposant une

réunion générale de tous les collégiens pour discuter de cette

proposition. Autant dire que le tract plut. Très vite il fut imprimé. Les

collégiens le distribuèrent. A la réunion qui suivit, nombre de collégiens

décidèrent une grève pour le lendemain. Le mardi 25 novembre, une bonne

quarantaine de collégiens refusèrent d’entrer en cours et se massèrent,

pacifiquement, devant l’entrée de l’établissement. La réaction de la

direction fut immédiate et très vive. Aucune tentative de dialogue, mais

menaces, injonctions voire hurlements divers. Au bout de 10 minutes,

cédant aux pressions, les collégiens mirent fin à leur mouvement et

reprirent les cours sauf deux qui avant de rentrer en classe voulurent

passer à l’EspaceCo pour raconter les évènements. Cela leur prit très peu

de temps. Une heure après, ils étaient de nouveau à l’EspaceCo.


Dés leur arrivée au collège, l’administration les convoque, leur remet une

lettre leur signifiant leur expulsion pour 15 jours du collège et les

convoquant à un conseil de discipline. Il leur est par ailleurs interdit

de s’approcher des abords du collège (et donc des arrêts de bus :

n’habitant pas dans le village, ils sont donc dans l’impossibilité de

rentrer chez eux !!). Dans la même matinée, un responsable du collège,

sans se préoccuper du sort des deux expulsés, se rend chez le père de l’un

d’entre eux (souffrant d’un handicap mental majeur) pour lui faire signer

la lettre d’expulsion de son fils. Devant le refus de l’administration

d’entamer un dialogue, les collégiens organisèrent un sit-in pendant la

récréation du matin. Plus d’une centaine de jeunes y participèrent. Malgré

ce beau mouvement de détermination et de solidarité, l’administration

campe sur ces positions. La défense des deux expulsés s’organise. Des

parents d’élèves sont contactés, le règlement intérieur est épluché, des

vices de procédure sont mis en évidence. Un nouveau tract, rédigé par des

collégiens et cosigné par des parents d’élèves appelle à la solidarité la

plus large. De son côté, l’administration ne reste pas inactive : tous les

moyens sont utilisés, même les plus scabreux. Par exemple, les élèves

convoqués devant un conseil de discipline ont en théorie le droit

d’accéder à leur dossier pour organiser leur défense, mais en fait, ils ne

pourront les consulter sur place qu’après plusieurs heures d’attente et en

présence de la supérieure du collège, seule autorisée à en tourner les

pages, très rapidement qui plus est et en leur posant des questions

stupides dans le même temps afin de perturber les collégiens !


À l’inverse, les deux expulsés firent preuve d’un remarquable sens de la

solidarité. Ayant droit chacun à un défenseur, ils choisirent de

s’autodéfendre l’un l’autre. C’est donc ensemble qu’ils passèrent devant

leur tribunal. Le jour J, des affiches appelant à la solidarité sont

collées autour du collège, des fax et des appels téléphoniques venus de la

France entière saturent le secrétariat de l’administration. La direction

de l’établissement essaye de répliquer en faisant placarder dans les

couloirs le tract d’appel à la solidarité annoté par elle. Elle se

déconsidère encore un peu plus aux yeux des collégiens. Enfin les

sanctions tombent : les deux expulsions sont commuées en blâme alors que

pourtant ils sont déjà exclus depuis quinze jours. Pour l’un des deux

collégiens, s’agissant de son deuxième blâme, cette sanction se traduit

par... une expulsion. Ce genre d’évènement n’est pas anecdotique ; au

contraire, il nous semble très représentatif de l’état du système éducatif

; malgré la mise en place de systèmes de concertation, d’élection de

délégués de classe, etc.


Quarante ans après mai 68, l’école est toujours aussi peu démocratique.

Pour l’élève, le collégien ou le lycéen, la seule règle qui vaille est

"étudie et tais-toi !". C’est que la fonction essentielle de l’école est

toujours de former les travailleurs -consommateurs dont la France

(c’est-à-dire l’état et le patronat) à besoin. L’élève y apprend le

respect de l’autorité, de la hiérarchie et les valeurs d’un système

fondamentalement inégalitaire et injuste. L’école est un rouage du système

capitaliste et pour assurer sa fonction, peu lui importe de broyer des

êtres humains. Il est donc normal que des élèves revendiquent et

s’opposent et il est remarquable que, à l’opposé des valeurs enseignées,

les élèves de Lauzerte aient redécouvert et mis en oeuvre les valeurs de

solidarité et de liberté.


Des militants de la CNT-AIT de Montauban et sa région


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Par didier
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Dimanche 15 février 2009 7 15 /02 /Fév /2009 14:09
Enquête



Mise en ligne le : 12 février 2009 

L’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a poursuivi son enquête sur les 1000 bombes guidées GBU-39 livrées à Israël par les États-Unis quelques semaines avant l’opération « Plomb durci » contre Gaza. L’enquête confirme l’essentiel des allégations initiales de l’association : ces armes contiennent bien de l’Uranium Appauvri et sont hautement radioactives, ce qui en fait des armes de nature génocidaire.


 

Dans un article publié le 4 janvier 2009 sur son site www.acdn.net, article largement diffusé et repris par de nombreux sites, ACDN dénonçait l’emploi de bombes GBU-39, dès le début de « Plomb durci », par l’armée de l’air israélienne, en affirmant qu’elles contenaient de l’uranium appauvri. Métal radioactif et poison chimique, l’uranium appauvri, lorsqu’il est inhalé ou ingéré sous forme de micro- ou nanoparticules, s’attaque à l’ADN des cellules et au génome humain. Utilisé pour durcir des munitions, il est pyrophorique (incendiaire) à l’impact, mais aussi gravement pathogène, cancérigène et tératogène à moyen et à long terme. Employer de telles armes au sein d’une population sans tenir compte de ces effets bien connus de l’UA, c’est prendre sciemment le risque d’un génocide. D’où le titre de l’article du 4 janvier : A Gaza, le génocide à l’Uranium Appauvri a commencé, et l’appel d’ACDN à cesser le massacre.

Réactions

La « communauté internationale », officielle comme antinucléaire, ne semblant pas réagir à ce cri d’alarme, sinon pour le mettre en doute, ACDN a constitué et publié dès le 14 janvier un dossier plus complet sur les GBU-39 GENOCIDE A L'URANIUM APPAUVRI A GAZA : le dossier. Le 18 janvier, le cessez-le-feu venant d’être proclamé par Israël, le président d’ACDN écrit au Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-Moon, pour lui demander d’ouvrir au plus vite une enquête sur la présence de matières radioactives dans la bande de Gaza et de prendre, s’il y a lieu, des mesures d’urgence pour neutraliser si possible ces matières ou du moins protéger les Gazaouis et leurs voisins de la radioactivité. Il suggère de confier cette enquête au Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), qui a déjà enquêté sur ce sujet dans les Balkans et qui a su trouver de l’uranium appauvri là où il y en avait.

De leur côté, les ambassadeurs des pays arabes accrédités en Autriche font remettre le 19 janvier, par le Prince Mansour Al-Saud, une lettre à l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans laquelle ils s’inquiètent de l’information « médicale et médiatique » selon laquelle « des traces d’uranium appauvri ont été trouvées dans des victimes palestiniennes ». C’est en effet ce que le Dr Mads Gilbert, l’un des médecins norvégiens travaillant à l’hôpital Al-Chifa de Gaza, avait affirmé dès le 31 décembre 2008. Ils demandent à l’AIEA de mener « une enquête radiologique et physique en vue de vérifier la présence d’uranium appauvri dans les armes utilisées par Israël dans la bande de Gaza. » L’AIEA fait rapidement savoir qu’elle agrée la demande et va mener l’enquête. Ce qui écarte le PNUE de cette mission.

A ce jour (12 février 2009), l’AIEA n’a pas encore remis de rapport. Il est vrai qu’avant même la venue des enquêteurs sur le terrain, le porte-parole du gouvernement israélien a assuré qu’ils ne trouveraient rien. Précédemment, le chef d’état-major de Tsahal avait commencé par nier, le 13 janvier, l’usage de bombes au phosphore blanc avant d’être obligé de le reconnaître le 20 janvier, en se repliant sur une deuxième ligne de défense : "ce sont des armes autorisées". Oui, tout juste tolérées, mais pas sur des civils.

Sans attendre les résultats d’expertise de l’AIEA, ACDN a poursuivi son enquête sur les GBU-39, et abouti à rassembler les précisions suivantes.

Précisions

(...)

Ces nouveaux matériaux composites, les autres caractéristiques des GBU déjà décrites dans nos articles précédents, et l’ensemble du dispositif de mise en œuvre, assurent aux GBU un "service multiple" de destruction et de morbidité : - pénétration en profondeur des cibles les mieux protégées (bétons à hautes, très hautes ou ultra hautes performances ; blindages épais en acier, ou en acier renforcé à l’UA) ; 
-  explosion différée jusqu’à la profondeur voulue et programmée ; 
-  explosion ultérieure et autodestruction de l’engin, dans le cas où le dispositif primaire de mise à feu a échoué ; 
-  destruction « classique », par effet de souffle, de la cible, depuis l’intérieur même ; 
-  projection d’échardes métalliques dans les corps inertes ou vivants situés à l’intérieur ou à la périphérie de la cible, avec effet de « décapitation » ou d’ « amputation » sur les corps humains ; 
-  crémation externe et interne des corps, les échardes métalliques devenant elles-mêmes des brandons ; 
-  chez les blessés survivants, impossibilité de distinguer les éclats métalliques et de les extraire par une opération chirurgicale ; 
-  réduction de la durée de survie des blessés et des brûlés, par empoisonnement interne, radiotoxique et chimique, dû à l’uranium appauvri ou à ses descendants ; 
-  contamination radioactive de l’environnement naturel par dispersion, sur les lieux mêmes des explosions et au-delà, de nanoparticules d’uranium appauvri et d’autres radionucléides issus de l’uranium ; 
-  atteintes au génome de la population cible. L’innovation meurtrière des marchands d’armes défie l’imagination. Tout comme leur capacité à faire disparaître l’uranium appauvri de leurs nomenclatures, à esquiver les questions embarrassantes, voire à se trouver des alliés inattendus.

(...)

Retour à l’humain

Phosphore blanc, DIME, tungstène, uranium appauvri... Les médecins pensent différemment des militaires et de leurs donneurs d’ordres. Seulement soucieux d’humanité, les chirurgiens présents à Gaza ont décrit les effets sur les victimes des "nouveaux types d’armes" employés : « A 2 mètres, le corps est coupé en deux ; à 8 mètres, les jambes sont coupées, brûlées comme par des milliers de piqûres d’aiguilles. » Les blessés survivants « n’ont aucune trace de métal dans le corps, mais des hémorragies internes étranges. Une matière brûle leurs vaisseaux et provoque la mort, nous ne pouvons rien faire. » (Dr Mads Gilbert, Le Monde, 12 janvier) « Quand on commence à opérer, tout semble en ordre... Mais ensuite on découvre des dizaines de minuscules particules dans tous leurs organes. On dirait qu’un certain type d’explosif ou d’obus les a dispersées partout, et ces blessures miniatures, impossible de les opérer. » (Dr. Jam Brommundt, médecin allemand travaillant à Kham Younis, au sud de la bande de Gaza)

Comment ne pas se demander avec le Dr Gilbert : « Se peut-il que cette guerre soit le laboratoire des fabricants de mort ? Se peut-il qu’au XXIe siècle on puisse enfermer un million et demi de personnes et en faire tout ce qu’on veut en les appelant terroristes ? »

Et comment qualifier cette "guerre" qui fait d’un côté 14 tués (11 soldats israéliens, dont 4 victimes d’un "tir ami", et 3 civils, victimes d’un tir de roquette) et 50 blessés, et de l’autre côté, au moins 1330 tués et 5450 blessés, pour la plupart des civils, dont une moitié d’enfants ? (Source : Foreign Policy In Focus)

A un contre cent, est-ce encore un combat, ou un jeu de massacre ? Une collection de crimes de guerre ? Le début d’un génocide qui n’ose pas dire son nom et se cache derrière la mémoire d’un autre génocide ?

Un crime contre l’humanité, donc ? Israël, en tout cas, est allé trop loin.

(...)


Enquête : Israël a bien utilisé dans la bande de Gaza des armes à Uranium Appauvri" ⓒACDN, 12 février 2009.

Reproduction partielle ou complète de cet article autorisée sous réserve de renvoyer à la source :www.acdn.net, d’activer les liens et d’en informer la rédaction.


Signer la pétition pour l’abandon et l’interdiction universelle des armes à UA.


source :acdn.net




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