economie

Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 01:53

source : daily-bourse.fr

 

voir aussi :

Crise financière : risques systémiques (Part 1)

Crise financière : risques systémiques (Part 2)


La mécanique boursière , sérieusement grippée ; fait désormais la Une du journal télévisé.

Sur toutes les chaines de la planète, le mot Subprime vient de faire son entrée dans le vocabulaire des présentateurs télé.

Mais une fois de plus, l’ info est en retard sur la réalité. Le décrochage des marché, s’ il est toujours étiqueté « Subprime » , est plutôt une réaction de panique face à la découverte de la fragilité d’ un système prêt à lâcher une autre bombe, tout aussi mortelle.

 

Au cours de ces deux dernières décennies, les mécanismes internes aux marchés ont atteint un tel degré de sophistication que bien peu de professionnels en maitrisent encore les risques .

 

L’ effet de levier, présent à tous les niveaux du système financier, a désormais atteint un niveau extrême , grace à la magie du Carry Trade, cette technique qui permet d’ emprunter une devise à taux bas, voire zéro, et de réinvestir la somme sur un actif au rendement élevé. Le carry trade le plus connu est le Yen Carry Trade, mais il en existe d’ autres, en parallèle.

 

Le carry trade , pratiqué à grande échelle depuis plusieurs décennies, a permis la création d’ une véritable usine à liquidités, multipliant les effets de levier sur chacune des classes d’ actifs , dans une sorte de mouvement perpétuel réinventé.

 

 

Cet argent facile, créé ex-nihilo, a propulsé la valorisation des différentes classes d’ actifs vers de nouveaux sommets, de mois en mois, permettant, sur base de cette nouvelle valorisation , de nouveaux emprunts, eux mêmes réinvestis dans le système qui n’ en finit plus de grimper, créant au fil du temps de nouvelles bulles de valorisation à travers la planète.

La dernière en date, la Bulle Immo, a servi de machine à cash auprés des consommateurs/emprunteurs, éblouis par cette spirale haussière quasi permanente, cette dynamique merveilleuse et complétement folle , amplifiant encore l’ addiction au crédit des consommateurs US, ou anglo saxons, en général. A ce titre, les économies US, australiennes et britanniques ont d’ ailleurs été baptisées les « Fast Debt Nations ».

 

Le recours permanent au crédit, doublé d’ une utilisation croissante par le système financier  de produits dérivés afin d’ accroitre les rendements, a fini par aboutir à une pyramide de liquidités monstrueuses, presque uniquement basée sur l’ endettement, et dont la part de capital réel est infinitésimale, de l’ ordre de 1 à 2 % seulement !

 

 image daily-bourse.fr

Source : http://www.prudentbear.com/index.php?option=com_content&view=article&id=4748&Itemid=58

 

 

Le graphique est suffisamment explicite, nous sommes bien en face de ce que l’ on pourrait qualifier du jeu de la pyramide, cette arnaque millénaire et bien connue de tous…..Sauf qu’ ici , il s’ agit d’ une représentation du système financier dans lequel nous vivons, basé sur la confiance dans le «  Papier Monnaie »…….

 

 

 

Et ce qui vient de se produire, à travers l’ éclatement de la Bulle Immo, correspond à l’ équivalent d’ un sac de sable dans les engrenages d’ une mécanique parfaitement huilée depuis plusieurs générations. A trop vouloir en faire, et en prendre, on a commis l’ erreur fatale, la ligne de dérivés de trop……..

 

Mais ces dérivés là, les fameux CDO’s et autres ABS issus de l’ Immo,  qui viennent d’ exploser à la figure de nos braves ingénieurs financiers, sont déjà de l’ histoire ancienne, bien que leurs conséquences se feront encore sentir durant plusieurs années….

 

 

 

Non, la nouveauté, c ‘est l’ étape suivante, l’ explosion d’ une autre  classe de dérivés, les CDS, puisque la machine a liquidités est désormais grippée, la belle mécanique enrayée………

Les CDS ( Credit Default Swaps )  sont en quelque sorte des contrats d’ assurance d’ un tiers ( entreprises en général)  entre deux parties concernées. Par exemple, une banque octroie un prêt (dans le cadre d’ une fusion acquisition) à l’ entreprise X, et cherche à se protéger contre tout accident de parcours de l’ entreprise. Elle conclut donc un CDS auprés d’ un organisme spécialisé (réassureur, autres organismes financiers, etc…..), afin de se couvrir de pertes potentielles subies dans le cadre du prêt octroyé à l’entreprise X.

 

[remarque : on peut donc parier sur la perte en contractant un CDS en esperant que les choses tournent mal pour empocher l'assurance; En conjoncture defavorable, la valeur d' un CDS augmente et il peut etre revendu ]

 

 

 

 

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En théorie, en cas de perte de valorisation du tiers, l’ assureur se doit de couvrir les pertes potentielles subiés par l’ assuré. Le modèle semble donc tout à fait correct. Mais hélas, il souffre lui aussi d’ un extraordinaire effet de levier, une bulle gigantesque dont les acteurs, , ne sont plus à même d’ honorer leurs engagements, face au ralentissement économique qui s’ opére et à la multiplication des problèmes à venir. Déjà  en limite de sous capitalisation face aux Subprime, le secteur financier risque de s’ effondrer totalement , tel un château de cartes . Les effets de levier propres aux CDS sont repris dans les schémas ci dessous.

 

 

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Et le risque majeur se trouve concentré sur un très petit nombre d’ acteurs, Primary dealers incontournables, qui, en cas d’ implosion, vont dynamiter l’ intégralité du système………

 

 La situation peut se résumer en deux graphiques.

 

Le premier indique l’ hyperconcentration des dérivés sur ces primary dealers.

 

 

 

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Source F.D.I.C.        

 

 

Le second a de quoi donner des sueurs froides. …….. Je vous présente la Méga-bulle menacée d’ éclatement……http://www.stockmarketjungle.com/cdsbubble.jpg…

 

 

 

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Plus encore que pour les CDO's,  les conséquences sont en passe de devenir désastreuses pour l' économie mondialisée et les indices y afférant. Cette phase de Bear Market (*) sera beaucoup plus dévastatrice que la précédente, car elle touche le coeur du système mis en place aprés Bretton Wood. Elle ne s' achévera qu' avec une perte d' hégémonie pour les US, et une entrée sur le devant de la scène des économies émergentes, au cours d' un processus long et douloureux qui affectera tous les consommateurs de la planète......

 

(*) Pourquoi utilise-t-on l’expression « bear market »(marché d'ours)? Tout simplement parce que l’ours mène ses attaques avec ses pattes de devant, en frappant de haut en bas. On utilise l’expression « bull market » (marché de taureaux) pour désigner un marché haussier, parce que le taureau attaque avec ses cornes, en frappant de bas en haut.

Par didier - Publié dans : economie
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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 01:52

source : daily-bourse.fr

 

voir aussi :

Crise financière : risques systémiques (Part 1)

Crise financière : risques systémiques (Part 3)


Le secteur financier, déjà touché de plein fouet par la crise des Subprime, explore toutes les pistes sortir de l’ ornière, que ce soit via le rachat de stés de réassurance obligataires, ou , avec l’ aide du gouvernement, d’ organismes  de crédit comme Countrywide , ou encore par une large ouverture au capital afin de combler les nombreuses pertes à acter au cours des prochains mois.

 

De son coté, la Fed a entamé un nouveau cycle de baisse des taux destiné à relancer l’ économie victime d’ un coup de froid.  Ces mêmes autorités monétaires vont s’ efforcer de minimiser l’ impact de cette crise sans précédent.

Toutefois, les conséquences de la crise Immo ne s’ arrêteront pas là.

 

 

 

 

La crise du crédit

 

 

 

Comme évoqué dans l’ article précédent, le consommateur US, totalement accro au crédit permanent, se voit contraint d’ augmenter l’ utilisation de ses cartes de crédit en tant que relais , pour perpétuer son addiction à la consommation et faire face à ses multiples problèmes de paiement, et ce, pour les plus exposés y compris pour le remboursement de leurs emprunts hypothécaires ! Naturellement, la tactique est suicidaire, au vu des taux d’ intérets astronomiques perçus sur les découverts.

 

 

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Le phénomène a été constaté par la majorité des acteurs de ce segment, que ce soit American Express, Capital One, Washington Mutual. ,  ou encore  Citigroup  l’ un des champions du secteur, une fois de plus

 

Hélas, la récession en cours, bien que toujours pas reconnue par les autorités,, ainsi que la hausse du taux de chomage,  ne permettra pas aux consommateurs les plus exposés de résister bien longtemps dans de telles condtions et déjà le taux de défaillances sur cartes de crédit et de faillites personnelles est en nette progression, ce qui oblige les stés de crédit à augmenter, à leur tour, les provisions sur défauts de paiement.  

http://www.chartoftheday.com/

 

 

 

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Pour l’ instant, le problème semble être contenu, ou, tout au moins , n ‘est pas encore vraiment relayé par les médias américains trop centrés sur les Primaires électorales. On retrouve là le même schéma que lors de la 1ère alerte des Subprime, en février/ mars 07. Il aura fallu attendre 4 mois de plus pour assister à l’ implosion de cette catégorie de dérivés ;

 

Cependant, la réalité peut s’ avérer une fois de plus bien plus noire qu’ elle n ‘est réellement affichée pour l’ instant. La faiblesse des cours affichés sur les  graphiques des organismes de crédit témoignent  d’ un problème au sein de ces stés.

 

 

 

 

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Une accélération supplémentaire , et probable, du nombre de défauts sur cartes de crédit , peut provoquer un nouvel effet domino sur la structure financière des organismes bancaires, problème dont elles auront du mal à se remettre, car l’ endettement sur cartes de crédit, selon P. Gumbel,  représente la coquette somme de 900 milliards $, montant globalement équivalent à celui des Subprime ! Et tout comme pour l’ Immobilier, le consommateur US, totalement étranglé par la hausse du cout de la vie, se trouve être le point de départ de la chaine infernale……. 

 

 

 

http://money.cnn.com/2007/10/29/magazines/fortune/consumer_debt.fortune/index.htm?postversion=2007103007

 

 

 

 

 

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La dynamique mortelle peut s ‘ enclencher d’ autant plus facilement, que ce segment de dettes sur cartes est lui aussi depuis bien longtemps l’ objet de titrisation «  à la découpe » tout comme les CDO’s et autres ABS !  Pire même, ce type d’ obligation titrisée ne fait que très partiellement  l’ objet d’ une couverture obligataire, ….. En cas de forte défaillance, les pertes seraient donc totales……..Et ces obligations titrisées se retrouvent, tout comme les ABS, dans la majorité des portefeuilles institutionnels, Hedges Funds, fonds de pension, sicav bancaires,

 

 

 

 

 

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Source : FDIC.

 

 

Une nouvelle crise issue du segment des cartes de crédit risque d’ être fatale pour le secteur financier. Déjà, la crise des subprime a débouché sur un fort repli des émissions obligataires corporate, provoquant un gel des liquidités à destination des entreprises , paralysant le jeu des fusions –acquisitions , gros pourvoyeur de commisions pour les intermédiaires financiers, et traditionnel soutien des cours de bourses dans toute la planète. Cette difficulté à faire circuler les liquidités contribue au ralentissement de l’ économie mondiale.

 

Cette prochaine crise, si elle a lieu, obligerait plusieurs gros acteurs présents sur les dérivés à se désengager, à réduire la voilure via des ventes massives d’ actifs à la recherche de capitaux  frais pour faire face à leurs engagements. L ‘ incroyable multiplication des dérivés au cours de ces dernières années , ainsi que leurs piètres qualités intrinsèques, a d’ ailleurs été qualifiée par W. Buffett, un sage parmi les sages, " d’ arme de destruction financière massive " ....

 

 

 

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De tels actes désespérés entraineraient une onde de choc sur les marchés, provoquant une panique généralisée et un véritable krach boursier digne de 1929.

Cela fera l’ objet du troisième volet de cette série

 

Crise financière : risques systémiques (Part 3)

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Dimanche 8 mars 2009 7 08 /03 /Mars /2009 01:50


source : daily bourse.fr

 

voir aussi :

Crise financière : risques systémiques (Part 2)

Crise financière : risques systémiques (Part 3)



La 1ère partie de cette série passe en revue les différentes étapes  qui se sont déroulées depuis le départ de cette crise majeure. Elles sont reprises dans cet article.

 

 

 

L' Origine

 

 

L’ explosion de la bulle Immo , en 2005-2006, peut-être considérée comme le point de démarrage de la crise du secteur financier.  La déresponsabilisation du secteur des prêts hypothécaires, grace à la titrisation de la dette ,  a  généré la mise en place d’ un système de prêts octroyés sans aucune garantie, auprés d’ une frange d’ investisseurs manifestement incapables d’ honorer les remboursements à venir. Cette gamme de prêts , surnommés NINJA  (No Income,  No Job or Asset)  a servi de détonateur à l’ explosion de la bulle.

 

Celle ci, désormais bien dégonflée, subit la même loi que toutes les bulles de par le monde. Pour autant ses conséquences continueront à se faire sentir durant de nombreuses années.   

 http://www.investech.com/

 

 

 

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1ère phase : les Subprime 

 

 

 


L’ ensemble des prêts Immo sont titrisés , compartimentés, découpés en tranches et vendus auprés des  investisseurs institutionnels, sous le nom barbare d’ ABS.

Naturellement, l’ incapacité de paiement des emprunteurs n’ a pas tardé a augmenter le nombre de saisies immo et à générer des pertes de valorisation des ABS, variables en fonction de  leurs qualités.

L’ augmentation brutale du nombre de faillites  finit par jeter un voile de suspicion sur  le modèle de valorisation de ce type d’ obligations. Peu à peu le marché prit conscience de la légéreté du modèle mathématique en place, et la chute s’ accéléra. Le graphique ci dessous illustre bien le processus.

 

 

 

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A partir de février 07, le secteur financier commença son reflux, dans l’ indifférence générale, voire même une certaine euphorie boursière. Les graines de la méfiance étaient malgré tout semées. Il fallut attendre l’ été 07 pour que la crise des Subprime éclate au grand jour et provoque un début de panique boursière.

 

 

 

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L intervention massive des banques centrales , au cours de l' été, permit de calmer le jeu. Mais le mal était fait. La crise des subprime a mis en lumière la fragilité d’ un système financier presque exclusivement basé sur un effet multiplicateur, via le principe de la réserve fractionnelle , elle même pratiquement réduite à sa plus simple expression, doublée d’ un effet de levier considérable à travers l’ utilisation massive de dérivés

 

Ce graphique issu de Pimco illustre bien l’ importante réduction de la réserve fractionnelle des banques en une vingtaine d’ années.  

 

 

http://www.pimco.com/LeftNav/Featured+Market+Commentary/IO/2008/IO+January+2008.htm

 

 

 

 

 

 

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L’ effet de levier sur dérivés a multiplié le montant des pertes à provisionner pour les organismes financiers , dont le capital n ‘est  toujours pas en adéquation avec les risques pris sur les marchés. Pour éviter le dépôt de bilan, les banques les plus exposées sont à la recherche de capitaux frais auprés d’ investisseurs disposant de fortes liquidités. Les pays émergents s’ invitent au conseil d’ administration des grandes banques US, contraintes et forcées d’ accepter ces derniers au prix fort.

 

Mais faut-il pour autant croire que la crise est réglée….. ?

Absolument pas. Le consommateur US, à l’ origine de la crise, est de plus en plus étranglé par les révisions haussières de ses prêts hypothécaires,  la hausse du cout de la vie et l' entrée en récession qui apparait bien souvent suite àl' éclatement d' une bulle immobilière ( En la matière, le Japon est un cas d' école).

 

 

 

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Dans un ultime réflexe de survie, les ménages américains augmentent le recours à la carte de crédit, pour tenter d’ honorer leurs  engagements.    Et c ‘est bien de ce coté que réside la prochaine crise potentielle  que devra affronter le secteur financier. L’ explosion de la bulle du crédit, qui fera l' objet de la deuxieme partie  de cette série…….

 

Crise financière : risques systémiques (Part 2) 

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